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J'ai ramassé un loup blessé,
Et me suis occupée de lui.
Je l'ai soigné et adoré ;
Il a guéri et est parti !...
Il vient me voir de temps en temps,
Quand il a mal, un court instant.
C'est un solitaire vieillissant,
Qui a gardé un coeur d'enfant.
Il ne sait rien du genre humain,
S'approche quand ils tendent leurs mains.
Se fait torturé, abusé, bafoué, calomnié.
Il n'a rien compris à la vie,
Ni de ces gens qui vivent ici ;
Se réfugit dans ma tannière,
Pour y trouver de la lumière,
De la chaleur, du réconfort,
Un peu d'amour et de douceur ;
Ne connais rien de mes blessures,
De ma vie et son usure.
Puis il repart les yeux hagards,
Se rejetter dans la bagarre ;
Me jettant un dernier regard,
Mais sans l'espoir de se revoir !...
Si un jour je le retrouvais,
Près d'une route, d'une forêt,
A terre, je le ramasserais,
Le porterais dans mon gilet,
Le ramènerais dans ma maison,
Où il y trouvait l'affection.
Et garderais comme un secret, ce loup,
Pour qui j'ai perdu la raison, je l'avoue,
Et m'a fait basculer au fond !...
Cheyenne.
Publié par cheyennedevie à 11:10:33 dans Etats d'Ame | Commentaires (0) | Permaliens
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